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La touche en plus !

L’ail

samedi 17 décembre 2011 par Radis noir

L’AIL Allium sativum L. Famille des Liliacées

Histoire :

Que ferait-on sans l’ail ? Nul doute que la cuisine-serait bien fade, la médecine en panne et la culture cinématographique du fantastique n’aurait pas eu son remède anti-vampire ( !).

L’ail est connu dans le monde entier depuis une éternité. Originaire d’Asie Centrale, il fut cultivé dans l’ancienne Chine, chez les Egyptiens au temps des pharaons, et sur le pourtour du bassin méditerranéen. Aucun historien ne fait mention de son introduction en Europe.

Ses propriétés aromatiques et médicinales sont connues depuis l’antiquité. Il fut utilisé contre des maux divers et non des moindres puisqu’on l’employa pour lutter contre la peste. On rapporte que le vinaigre dit des "quatre voleurs" contenait une macération d’ail. Les quatre voleurs en question s’imbibaient de cette préparation et cela leur auraient permis d’aller piller les maisons des pestiférés sans crainte de contracter la terrible maladie. L’histoire ne dit pas si cela fut efficace...

Quoi qu’il en soit, force est de reconnaître que la médecine empirique a vu juste vis à vis de l’ail. Il s’est avéré efficace en tant que stimulant, antiseptique, bactéricide, expectorant, fébrifuge vermifuge et hypotenseur. Dans ce dernier cas, il s’est-montré à la hauteur de la tâche. Cependant, le docteur Pierre Oudinot souligne dans un de ses ouvrages (1) "L’ail à titre pharmaceutique, a été préconisé contre les affectionspulmonaires, et même contre la tuberculose, aussi contre l’hypertension artérielle. Dans ces affections ses effets sont tout à fait illusoires".

Culture :

Il existe de nombreuses variétés d’aulx à usage décoratif, condimentaire, et médicinal. Si l’ail croît spontanément dans le Midi et dans les pays méditerranéens, il n’en va pas de même sous le climat de Paris ou il ne fleurit guère ! Il se reproduit par cayeux. Autrement dit par plantation de gousses. Les cayeux du centre du bulbe, plus petits donnent des plans chétifs. Préférer les gousses périphériques, plus grosses. Assez souvent, à la place de la fleur, portée sur une hampe assez haute apparaît un bouquet de bulbilles qui peuvent être semées avec avantage. L’ail aime les sols riches, bien drainés. On plante les cayeux à l’automne, si la région n’est pas trop froide, sinon au Printemps. Le cayeu est enfoncé à la main juste sous terre. Il ne doit pas être trop enfoncé mais suffisamment pour ne pas ressortir sous la pression des intempéries et de la poussée des racines. Environ 15 à 16 plants au m2 en tous sens ou en lignes espacées de 25 cm. Respecter également 25 cm entre les plans. Récolter lorsque les tiges jaunissent. Si les variétés sont nombreuses, les plus courantes que l’on peut trouver sur le marché sont l’ail blanc, l’ail rose, l’ail rouge et l’ail violet. Une autre espèce existe, vivace.

Petits conseils :

L’ail vient trés bien sous la couronne des arbres, bien ameublie. Pour éloigner les mulots, protéger les cultures par des plantations d’aulx. Pour protéger les cayeux de la pourriture et augmenter la qualité et la production, certains jardiniers poudrent de cendre de bois et de soufre les sillons avant plantation. On peut tordre les tiges. Cela permet d’obtenir des bulbes plus gros seulement lorsque l’on observe un retard dans la maturité ou lors d’une année pluvieuse. Cette pratique peut s’avérer nécessaire lorsque les tiges sont fortes au niveau du collet.

Après une plantation d’ail, bien fumer le terrain. Des gousses d’ail dans les récoltes de céréales éloignent les prédateurs. Une infusion d’ail pulvérisée sur des plantes malades peut, contre toute attente et si elle est-utilisée rapidement, vaincre la maladie ou faire fuir les parasites. Elle peut aussi être pulvérisée sur des arbres fruitiers et notamment contre monilioses et pourriture des fruits à noyau. L’ail fait fuir les nématodes du sol.

Cultures associées :

Ail et rosier filent le parfait amour. Il en va de même avec les radis et la tomate Planté au milieu des fraisiers, il les protége contre la pourriture grise et augmente le parfum des fruits. L’ail a un effet bénéfique sur les arbres fruitiers, betteraves, carottes, céleris, laitues, oignons, pommes de terre et pissenlit. Ne pas le planter au voisinage des haricots, pois et raifort. Ces derniers ne l’aiment pas trop.

Utilisation :

Tout un recueil ne suffirait pas à énumérer les vertus thérapeutiques de sa majesté ail ! Néanmoins c’est un antiseptique intestinal et pulmonaire, c’est un tonique et stimulant général des organes digestifs. Il fait baisser la tension (hypotenseur) et dissout l’acide urique. Il est diurétique et active la digestion des aliments mucilagineux. Enfin il est vermifuge. Mais ses propriétés sont multiples. On lui reconnaît des effets bactériostatique et bactéricide, tonique, stimulant circulatoire, antispasmodique, rééquilibrant glandulaire, apéritif, carminatif (favorise l’expulsion des gaz), fébrifuge et jouerait un rôle important dans la prévention des cancers...

Il est utilisé en usage externe pour combattre les cors, la douleur (antalgique), et toutes sortes de parasites. La médecine l’utilise avec succés en usage interne dans les maladies infectueuses, affections pulmonaires, asthme, hypertension, artériosclérose, rhumatismes, goutte, lithiase-urinaire (calculs), parasites intestinaux... Bref, c’est presque la panacée ! On l’appelait jadis, la thériaque des paysans ou la thériaque des pauvres. La thériaque était selon Galien, un mélange de plantes bon pour toutes les maladies.

Recettes :

La frotte à l’ail

(Pour ceux qui n’ont pas peur d’avoir une haleine de cheval) Prendre une tartine de pain, la frotter avec une gousse d’ail et la tartiner de beurre salé. Manger tel quel. (Trés bon mais pas toujours facile à digérer et laisse une haleine forte.)

Compote d’ail

Faire cuire les gousses entières au four après les avoir piqués avec une fourchette ou à la vapeur sans les éplucher. Les ouvrir et sortir la pulpe. La mélanger avec sel et beurre au bain-marie. Servir en accompagnement d’une viande rouge.

Ail confit

Eplucher une cinquantaine de gousses, les mettre en pots avec un citron (bio) coupé en tranches et légèrement dégorgé au préalable (2 à 3 jours) dans du gros sel. Recouvrir d’huile et laisser macérer 2 à 3 semaines avant de consommer. On peut adjoindre quelques piments secs selon goût.

Ces fiches ne sont pas exhaustives, loin s’en faut, et vous pouvez ajouter à votre guise vos connaissances en la matière. La seule exigence étant : le curieux, l’insolite, l’original, etc., le reste étant déjà traité dans de nombreux ouvrages à grands tirages !


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